Un triple-double, c'est un match à au moins 10 points, 10 rebonds et 10 passes. Pour la plupart des joueurs, c'est l'exploit d'une soirée.
Pour Nikola Jokić, c'est devenu une moyenne de saison.
En 2025-26, le pivot des Denver Nuggets a bouclé la saison régulière en triple-double de moyenne. C'est seulement la septième fois de toute l'histoire de la NBA qu'un joueur y parvient.
Les statistiques brutes
Sur la saison régulière 2025-26, Jokić affiche :
- 27,7 points par match ;
- 12,9 rebonds, meilleur total de la ligue ;
- 10,7 passes décisives, meilleur total de la ligue également.
Un pivot qui domine à la fois le classement des rebonds et celui des passes : c'est une anomalie statistique en soi.
Son palmarès replace la performance dans son contexte :
- triple MVP (2021, 2022 et 2024) ;
- champion NBA 2023 et MVP des Finales ;
- deuxième du vote MVP 2025-26, derrière Shai Gilgeous-Alexander ;
- et un détail savoureux : comme Jalen Brunson, il a été choisi au deuxième tour de la draft, en 41e position, en 2014.
Ce que ces chiffres racontent
Le triple-double de moyenne raconte une chose précise : Jokić ne domine pas un secteur du jeu. Il les domine tous en même temps.
Et il le fait sans les armes classiques d'un pivot dominant.
Jokić n'est ni le plus rapide, ni le plus athlétique, ni le meilleur défenseur. Sa domination repose sur trois piliers accessibles à la compréhension de n'importe quel joueur :
- la vision : il voit la passe avant même que son coéquipier ne sache qu'il est démarqué ;
- le toucher : main droite, main gauche, près du cercle ou à 3 points, son tir est doux sous tous les angles ;
- le placement : il est rarement le plus haut, mais presque toujours au bon endroit pour le rebond.
Son jeu prouve qu'un pivot peut être le cerveau d'une attaque, et pas seulement sa tour de contrôle. Toute l'attaque de Denver passe par lui, souvent depuis la ligne des lancers francs ou le poste haut.
Le triple-double n'est pas son objectif. C'est la conséquence naturelle d'un joueur impliqué dans absolument tout.
Comparaison avec les autres saisons en triple-double
Dans toute l'histoire de la ligue, seuls trois joueurs ont terminé une saison en triple-double de moyenne.
Oscar Robertson
- le pionnier, en 1961-62 ;
- un exploit resté unique pendant 55 ans.
Russell Westbrook
- quatre saisons en triple-double de moyenne, dont son année MVP 2016-17 ;
- la version explosive et athlétique du triple-double.
Nikola Jokić
- désormais deux saisons en triple-double de moyenne, dont 2025-26 ;
- le seul pivot de cette liste, et la version cerveau du triple-double.
Trois joueurs, trois époques, trois styles radicalement différents. Mais Jokić est le seul à le faire depuis le poste de pivot, là où personne ne l'imaginait possible.
La fiche HoopLevel
Sur l'échelle HoopLevel, contexte NBA :
- Passe : 98. Meilleur passeur de la ligue toutes positions confondues, du jamais-vu pour un pivot.
- QI basket : 99. Vision de jeu et anticipation hors norme ; la note maximale, sans débat possible.
- Tir : 88. Toucher soyeux des deux mains, adresse en hausse constante même à 3 points.
- Mental : 90. Calme absolu, altruisme de jeu, régularité au sommet depuis six saisons.
- Dribble : 82. Un ballon en main surprenant pour un intérieur, il crée depuis le poste haut comme un meneur.
- Défense : 76. Positionnement intelligent qui compense un manque de vitesse pure ; une défense d'équipe qui reste dans le haut du classement.
- Athlétisme : 68. Ni le plus rapide ni le plus explosif : c'est précisément ce qui rend sa domination remarquable.
OVR : 86. Le duo Passe 98 + QI basket 99 pèse pleinement dans la note finale : c'est exactement ce que la formule HoopLevel est conçue pour capter. Un pivot qui domine par le cerveau plutôt que par le corps garde un OVR à la hauteur de son impact réel, sans que la pondération du poste n'efface son excellence.
Ce que HoopLevel en retient
Le cas Jokić renverse une idée reçue tenace dans les clubs : le grand doit rester près du cercle et se contenter de prendre des rebonds.
À retenir :
- un intérieur peut être un créateur : apprendre la passe à ses grands, c'est débloquer toute une attaque ;
- la vision de jeu se travaille, par la répétition des situations et la lecture des défenses ;
- la polyvalence a plus de valeur que la spécialisation précoce, surtout chez les jeunes ;
- le bon placement bat le gros saut : le rebond est d'abord une question de position.
C'est cette polyvalence que HoopLevel veut valoriser : suivre la progression d'un joueur dans tous les secteurs du jeu, pas seulement au scoring.
Le triple-double de Jokić n'est pas un exploit statistique. C'est la signature d'un joueur qui refuse de choisir entre marquer, prendre des rebonds et faire briller les autres.
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