Il mesure 1,88 m. Il n'a pas été choisi au premier tour de la draft. Il n'a ni l'envergure, ni la vitesse, ni le physique des superstars modernes.
Et pourtant, en juin 2026, Jalen Brunson a soulevé le trophée de MVP des Finales NBA, après avoir mené les New York Knicks à leur premier titre depuis 1973.
L'histoire de Brunson est celle d'un joueur que personne n'attendait. Et c'est exactement ce qui la rend précieuse.
Les statistiques brutes
Sur la saison régulière 2025-26, Brunson affiche :
- 26,0 points par match ;
- 6,8 passes décisives ;
- 3,3 rebonds ;
- 46,7 % de réussite aux tirs et 36,9 % à 3 points.
En playoffs, il monte encore d'un cran : 28,4 points de moyenne, meilleur marqueur de toute la post-saison.
Puis viennent les Finales face aux Spurs de Victor Wembanyama :
- 32,6 points de moyenne sur la série ;
- 45 points lors du match 5 décisif, record des Knicks en Finales, dont 15 dans le seul quatrième quart-temps ;
- titre de MVP des Finales (trophée Bill Russell).
Sur l'ensemble de la saison, Brunson a même remporté la NBA Cup en décembre (avec le trophée de MVP de la compétition), avant le titre suprême en juin. Les Knicks sont la première équipe de l'histoire à réussir ce doublé.
Ce que ces chiffres racontent
Les moyennes de Brunson sont excellentes. Mais elles ne disent pas l'essentiel.
L'essentiel, c'est d'où il vient.
En 2018, Brunson n'est choisi qu'en 33e position de la draft, au deuxième tour. Trop petit, trop lent, pas assez athlétique : voilà ce que disaient les rapports de scouting.
Huit ans plus tard, il domine les Finales NBA face à un géant de 2,24 m élu Défenseur de l'année.
Comment ? Pas avec son corps. Avec sa tête.
Son jeu repose sur des qualités que tout joueur peut travailler :
- le jeu d'appuis, pour créer de l'espace sans exploser au-dessus du cercle ;
- les feintes et le rythme, pour provoquer des fautes ;
- la lecture du jeu, pour attaquer la défaite au bon endroit, au bon moment ;
- le sang-froid dans les fins de match, travaillé depuis l'enfance avec son père Rick Brunson, aujourd'hui assistant coach des Knicks.
Ses tirs n'étaient pas toujours propres en Finales (42,1 % de réussite). Mais il a pris, encore et encore, les tirs dont son équipe avait besoin. C'est une autre forme de courage.
Comparaison avec sa promotion de draft
Pour mesurer le chemin parcouru, il faut revenir à la draft 2018 et regarder qui a été choisi avant lui.
Deandre Ayton, choisi n°1
- pivot solide, mais jamais All-Star ;
- aucun titre de MVP des Finales.
Luka Dončić, choisi n°3
- superstar offensive, double meilleur marqueur de la ligue ;
- toujours en quête de son premier titre.
Shai Gilgeous-Alexander, choisi n°11
- double MVP en titre, champion 2025 ;
- l'autre immense réussite de cette draft.
Jalen Brunson, choisi n°33 (deuxième tour)
- champion NBA 2026 et MVP des Finales ;
- meilleur marqueur des playoffs 2026.
Trente-deux équipes ont eu l'occasion de le choisir plus tôt. Toutes sont passées à côté, certaines deux fois.
La draft mesure un potentiel perçu. Elle ne mesure pas le travail qu'un joueur mettra derrière.
La fiche HoopLevel
Sur l'échelle HoopLevel, contexte NBA :
- Mental : 98. Sept trophées sur une seule saison, 45 points pour clore les Finales, 10,3 points de moyenne en 4e quart-temps depuis Jordan. Le domaine où il n'a littéralement pas d'égal cette saison.
- QI basket : 94. Craft offensif rare : feintes, rythme, lecture des pièges défensifs, sans aide athlétique.
- Dribble : 92. Un des meilleurs handles de la ligue, seule arme qui lui permet de créer son tir face à des défenseurs plus grands.
- Passe : 85. 6,8 passes de moyenne, un plus haut en carrière.
- Tir : 84. 36,9 % à 3 points sur gros volume, mi-distance d'élite.
- Défense : 62. Souvent ciblé par les attaques adverses en raison de son gabarit ; compense par l'intelligence, pas par le physique.
- Athlétisme : 66. 1,88 m, ni explosif ni rapide au sens NBA : c'est précisément ce qui rend sa saison remarquable.
OVR : 87. Le plafond de Brunson reste marqué par l'athlétisme et la défense, deux domaines où son gabarit joue contre lui. Mais son Mental à 98, un des sommets absolus de cette série, tire son OVR vers le haut : c'est précisément la traduction chiffrée du personnage. Un profil qui ne domine sur aucun attribut physique, devenu champion et MVP des Finales grâce au mental et au QI basket.
Ce que HoopLevel en retient
Le parcours de Brunson est peut-être le plus inspirant de la NBA actuelle pour un jeune joueur de club.
À retenir :
- le physique n'est pas un plafond : appuis, feintes et lecture du jeu se travaillent à tout âge et à tout niveau ;
- être sous-estimé n'est pas une condamnation, c'est un point de départ ;
- les qualités mentales (sang-froid, régularité, entêtement) pèsent autant que les qualités athlétiques ;
- la progression se joue sur des années, pas sur une évaluation à un instant T.
C'est exactement la conviction qui porte HoopLevel : rendre visible la progression réelle d'un joueur, même quand personne ne l'attend.
Personne ne peut mesurer le travail qu'un joueur est prêt à fournir. Jalen Brunson en est la preuve : 33e choix de sa draft, premier sur le podium final.
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